La réponse directe
Le calibre se lit sans outil. La vraie question vient juste après: est-ce que le vôtre suffit encore pour ce que vous voulez faire. C’est un calcul qui y répond, pas une impression.
Où lire le calibre chez vous
Ouvrez la porte du panneau. Le disjoncteur principal est le plus gros, généralement seul en haut ou en bas de la colonne.
Un nombre est estampé sur sa manette: 60, 100, 125 ou 200. C’est le calibre de votre entrée.
Si le panneau porte des fusibles à visser plutôt que des disjoncteurs, vous avez la réponse à une autre question: ce panneau est à remplacer, quel que soit le calcul.

Ce que chaque calibre change
Une entrée de 60 ampères est aujourd’hui insuffisante pour presque tout ajout, et plusieurs assureurs la refusent.
Une entrée de 100 ampères convient encore à beaucoup de maisons, tant qu’on ne lui ajoute pas de grosse charge continue. Une borne de recharge en est une.
Une entrée de 125 ampères existe aussi. Elle donne un peu de marge, rarement assez pour deux gros ajouts.
Une entrée de 200 ampères laisse de la place pour une borne, un spa, un plancher chauffant ou une thermopompe. C’est l’ampérage vers lequel on rehausse quand le calcul ne passe plus.

Les quatre raisons de rehausser un panneau
Nous changeons ou rehaussons un panneau pour quatre raisons. Elles arrivent seules ou combinées, et aucune n’a à voir avec l’allure du coffret.
Il faut ajouter des branches dessus
Un panneau plein n’accepte plus de circuit. Quand un projet en demande deux ou trois de plus, le panneau devient le point de départ des travaux.
Il n’est plus assez fort
Le calcul de charge dépasse ce que l’entrée peut porter. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de capacité.
Vous installez de plus gros équipements
Une borne, un spa, un plancher chauffant ou une thermopompe s’ajoutent à ce qui tourne déjà. Chacun se calcule avant d’être commandé.
Il doit être déplacé
Un sous-sol qu’on refait, un mur qui disparaît. Un panneau qui change de place se refait au complet, et c’est le bon moment pour revoir son ampérage.

Ce n’est pas l’âge du panneau qui tranche
On nous appelle souvent parce qu’un panneau a l’air vieux, ou parce que quelqu’un l’a dit désuet en passant. Ce n’est pas ce qui décide.
Un panneau ancien dont les disjoncteurs tiennent et dont la mise à la terre est correcte fait encore son travail.
Un panneau récent qui reçoit une borne et un spa sur une entrée de 100 ampères, lui, ne le fait pas. Le calcul de charge tranche, l’année de fabrication ne dit rien.
Quand 100 ampères suffit encore
Une entrée de 100 ampères n’est pas une entrée déficiente. Elle alimente encore beaucoup de maisons du Sud-Ouest de Montréal sans le moindre problème.
Nous préférons le dire, parce que le contraire se vend mieux.
- Le chauffage est au gaz ou à l’huile, ce qui libère la plus grosse charge de la maison
- La maison n’a ni borne de recharge, ni spa, ni plancher chauffant
- Le projet en cours n’ajoute que de l’éclairage et des prises
- Le panneau garde des places, et le calcul de charge laisse de la marge
Ce que le calcul de charge regarde vraiment
Le Code prévoit une méthode de calcul pour un logement unifamilial. Elle ne devine pas, elle additionne.
La surface habitable
Elle donne la charge de base du logement, avant même de regarder un appareil.
Le chauffage et la climatisation
Dans une maison chauffée à l’électricité, c’est la plus grosse charge de toutes.
Les appareils fixes
Cuisinière, chauffe-eau, sécheuse, lave-vaisselle. Chacun entre avec son calibre réel, pas avec une moyenne.
Les charges spéciales
Borne, spa, plancher chauffant. Une borne se calcule à 125 % de son courant nominal, parce qu’elle tire pendant des heures d’affilée.
Les facteurs de demande
Tout ne fonctionne jamais en même temps, et le Code en tient compte. C’est ce qui évite de rehausser une entrée qui n’en avait pas besoin.

Places libres ne veut pas dire capacité
C’est la confusion la plus courante. Un panneau peut avoir six places vides et aucune capacité disponible.
Ce qui compte, c’est la somme des charges déjà branchées, calculée selon la méthode du Code. Les places libres ne disent rien à ce sujet.
L’inverse existe aussi: un panneau sans place libre peut avoir de la capacité, et un disjoncteur jumelé règle parfois le problème sans toucher à l’entrée.

Ce que change une borne, un spa ou un plancher chauffant
Quatre ajouts reviennent sans arrêt chez nos clients, et ce sont eux qui font basculer les calculs.
- Une borne de recharge de niveau 2: un circuit dédié, souvent de 40 ampères, occupé plusieurs heures d’affilée
- Un spa: la CMEQ lui applique un facteur de demande de 100 %, il compte donc en entier dans le calcul
- Un plancher chauffant: son propre circuit, dimensionné selon la surface à chauffer
- Une thermopompe: nous en faisons le branchement, et il s’additionne au chauffage déjà en place

Ce que le chantier implique concrètement
Un panneau ne se remplace pas sous tension. L’alimentation est coupée le temps des travaux, et nous vous disons quand lors de la planification.
Le travail prend d’une demi-journée à une journée complète, selon l’ampleur de ce qu’il faut reprendre.
On coupe et on dépose
Les câbles existants sont repérés, puis l’ancien panneau est démonté hors tension.
On pose le nouveau panneau
Avec de la place laissée libre pour la suite. Un panneau plein le jour de la pose est un panneau à rouvrir au prochain projet.
On transfère les circuits
Un par un, avec la mise à la terre et les liaisons reprises quand elles ne sont plus conformes.
On identifie et on remet sous tension
Chaque disjoncteur est étiqueté, l’installation est vérifiée, puis remise sous tension avec vous.

Permis, déclaration et licences
Dans la plupart des arrondissements de Montréal, un propriétaire n’a pas besoin d’un permis municipal pour des travaux d’électricité dans son propre bâtiment. Ce qui est exigé, c’est que l’entrepreneur détienne ses licences. Nous vérifions le cas de votre arrondissement pendant la visite.
La déclaration de travaux à la Régie du bâtiment, quand elle s’applique, est produite par l’entrepreneur sous ses numéros de licence. Jamais par le propriétaire, et elle est comprise dans le travail.
La demande de raccordement au distributeur, quand l’entrée est rehaussée, suit le même principe.
Ce qui fait varier l’ampleur des travaux
Deux maisons de la même rue ne demandent pas le même chantier. Voici ce qui change l’ampleur du travail.
- Le mât et la base de compteur: s’ils doivent suivre, le chantier monte jusqu’au toit au lieu de rester au sous-sol
- Le type d’entrée: aérienne ou souterraine, le travail extérieur n’est pas le même
- La mise à la terre et les liaisons sur la tuyauterie, souvent à reprendre sur une installation ancienne
- Le nombre de circuits à transférer, puisque chacun se reprend un par un
- Le déplacement du panneau, qui demande de rallonger ou de reprendre des câbles
- Ce qu’on découvre en ouvrant: filerie d’aluminium, circuits doublés, disjoncteurs qui ne correspondent pas au calibre du fil

Ce qu’il faut nous envoyer pour avoir une réponse
Deux choses suffisent pour dégrossir votre projet avant même de se déplacer.
- Une photo du panneau, porte ouverte, avec la manette du principal et les étiquettes lisibles
- La liste de ce que vous comptez ajouter: borne, spa, plancher chauffant, thermopompe, garage, agrandissement

Maître électricien, licence RBQ 5855-0849-01 et membre CMEQ 17468. Une dizaine d'années de métier sur le Sud-Ouest de Montréal et la Rive-Sud.
Qui fait les travaux




