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Panneau électrique

Entrée de 100 ou 200 ampères: comment savoir ce que vous avez

Le calibre de votre entrée est estampé sur le disjoncteur principal, en haut du panneau. Ce qui décide de le rehausser n’est ni son âge ni son apparence: c’est ce que vous voulez lui ajouter, et le calcul de charge qui le mesure.

11 août 20267 min de lectureMarc-André Vinet, maître électricien
Panneau électrique résidentiel

La réponse directe

Le calibre se lit sans outil. La vraie question vient juste après: est-ce que le vôtre suffit encore pour ce que vous voulez faire. C’est un calcul qui y répond, pas une impression.

Où lire le calibre chez vous

Ouvrez la porte du panneau. Le disjoncteur principal est le plus gros, généralement seul en haut ou en bas de la colonne.

Un nombre est estampé sur sa manette: 60, 100, 125 ou 200. C’est le calibre de votre entrée.

Si le panneau porte des fusibles à visser plutôt que des disjoncteurs, vous avez la réponse à une autre question: ce panneau est à remplacer, quel que soit le calcul.

Disjoncteur principal en haut d’un panneau électrique résidentiel
Le nombre estampé sur la manette du disjoncteur principal est le calibre de votre entrée.

Ce que chaque calibre change

Une entrée de 60 ampères est aujourd’hui insuffisante pour presque tout ajout, et plusieurs assureurs la refusent.

Une entrée de 100 ampères convient encore à beaucoup de maisons, tant qu’on ne lui ajoute pas de grosse charge continue. Une borne de recharge en est une.

Une entrée de 125 ampères existe aussi. Elle donne un peu de marge, rarement assez pour deux gros ajouts.

Une entrée de 200 ampères laisse de la place pour une borne, un spa, un plancher chauffant ou une thermopompe. C’est l’ampérage vers lequel on rehausse quand le calcul ne passe plus.

Branchement électrique extérieur d’une piscine creusée
Une piscine, un spa ou une borne sont des charges qui s’additionnent.

Les quatre raisons de rehausser un panneau

Nous changeons ou rehaussons un panneau pour quatre raisons. Elles arrivent seules ou combinées, et aucune n’a à voir avec l’allure du coffret.

  1. Il faut ajouter des branches dessus

    Un panneau plein n’accepte plus de circuit. Quand un projet en demande deux ou trois de plus, le panneau devient le point de départ des travaux.

  2. Il n’est plus assez fort

    Le calcul de charge dépasse ce que l’entrée peut porter. Ce n’est pas une question de confort, c’est une question de capacité.

  3. Vous installez de plus gros équipements

    Une borne, un spa, un plancher chauffant ou une thermopompe s’ajoutent à ce qui tourne déjà. Chacun se calcule avant d’être commandé.

  4. Il doit être déplacé

    Un sous-sol qu’on refait, un mur qui disparaît. Un panneau qui change de place se refait au complet, et c’est le bon moment pour revoir son ampérage.

Vieux panneau électrique encombré dans un sous-sol
Un panneau plein n’accepte plus de circuit, quel que soit son état par ailleurs.

Ce n’est pas l’âge du panneau qui tranche

On nous appelle souvent parce qu’un panneau a l’air vieux, ou parce que quelqu’un l’a dit désuet en passant. Ce n’est pas ce qui décide.

Un panneau ancien dont les disjoncteurs tiennent et dont la mise à la terre est correcte fait encore son travail.

Un panneau récent qui reçoit une borne et un spa sur une entrée de 100 ampères, lui, ne le fait pas. Le calcul de charge tranche, l’année de fabrication ne dit rien.

Quand 100 ampères suffit encore

Une entrée de 100 ampères n’est pas une entrée déficiente. Elle alimente encore beaucoup de maisons du Sud-Ouest de Montréal sans le moindre problème.

Nous préférons le dire, parce que le contraire se vend mieux.

  • Le chauffage est au gaz ou à l’huile, ce qui libère la plus grosse charge de la maison
  • La maison n’a ni borne de recharge, ni spa, ni plancher chauffant
  • Le projet en cours n’ajoute que de l’éclairage et des prises
  • Le panneau garde des places, et le calcul de charge laisse de la marge

Ce que le calcul de charge regarde vraiment

Le Code prévoit une méthode de calcul pour un logement unifamilial. Elle ne devine pas, elle additionne.

  1. La surface habitable

    Elle donne la charge de base du logement, avant même de regarder un appareil.

  2. Le chauffage et la climatisation

    Dans une maison chauffée à l’électricité, c’est la plus grosse charge de toutes.

  3. Les appareils fixes

    Cuisinière, chauffe-eau, sécheuse, lave-vaisselle. Chacun entre avec son calibre réel, pas avec une moyenne.

  4. Les charges spéciales

    Borne, spa, plancher chauffant. Une borne se calcule à 125 % de son courant nominal, parce qu’elle tire pendant des heures d’affilée.

  5. Les facteurs de demande

    Tout ne fonctionne jamais en même temps, et le Code en tient compte. C’est ce qui évite de rehausser une entrée qui n’en avait pas besoin.

Électricien qui calcule la charge devant un panneau électrique ouvert
Le total se compare au calibre de l’entrée. S’il ne passe pas, on sait de combien.

Places libres ne veut pas dire capacité

C’est la confusion la plus courante. Un panneau peut avoir six places vides et aucune capacité disponible.

Ce qui compte, c’est la somme des charges déjà branchées, calculée selon la méthode du Code. Les places libres ne disent rien à ce sujet.

L’inverse existe aussi: un panneau sans place libre peut avoir de la capacité, et un disjoncteur jumelé règle parfois le problème sans toucher à l’entrée.

Panneau électrique résidentiel avec des emplacements libres
Des places libres ne veulent pas dire de la capacité disponible.

Ce que change une borne, un spa ou un plancher chauffant

Quatre ajouts reviennent sans arrêt chez nos clients, et ce sont eux qui font basculer les calculs.

  • Une borne de recharge de niveau 2: un circuit dédié, souvent de 40 ampères, occupé plusieurs heures d’affilée
  • Un spa: la CMEQ lui applique un facteur de demande de 100 %, il compte donc en entier dans le calcul
  • Un plancher chauffant: son propre circuit, dimensionné selon la surface à chauffer
  • Une thermopompe: nous en faisons le branchement, et il s’additionne au chauffage déjà en place
Raccordement électrique d’un spa extérieur
Un spa compte en entier dans le calcul de charge.

Ce que le chantier implique concrètement

Un panneau ne se remplace pas sous tension. L’alimentation est coupée le temps des travaux, et nous vous disons quand lors de la planification.

Le travail prend d’une demi-journée à une journée complète, selon l’ampleur de ce qu’il faut reprendre.

  1. On coupe et on dépose

    Les câbles existants sont repérés, puis l’ancien panneau est démonté hors tension.

  2. On pose le nouveau panneau

    Avec de la place laissée libre pour la suite. Un panneau plein le jour de la pose est un panneau à rouvrir au prochain projet.

  3. On transfère les circuits

    Un par un, avec la mise à la terre et les liaisons reprises quand elles ne sont plus conformes.

  4. On identifie et on remet sous tension

    Chaque disjoncteur est étiqueté, l’installation est vérifiée, puis remise sous tension avec vous.

Mains gantées qui raccordent un câble d’alimentation dans un panneau électrique
Le transfert des circuits prend le plus de temps. Garantie d’un an, pièces et main-d’oeuvre.

Permis, déclaration et licences

Dans la plupart des arrondissements de Montréal, un propriétaire n’a pas besoin d’un permis municipal pour des travaux d’électricité dans son propre bâtiment. Ce qui est exigé, c’est que l’entrepreneur détienne ses licences. Nous vérifions le cas de votre arrondissement pendant la visite.

La déclaration de travaux à la Régie du bâtiment, quand elle s’applique, est produite par l’entrepreneur sous ses numéros de licence. Jamais par le propriétaire, et elle est comprise dans le travail.

La demande de raccordement au distributeur, quand l’entrée est rehaussée, suit le même principe.

Ce qui fait varier l’ampleur des travaux

Deux maisons de la même rue ne demandent pas le même chantier. Voici ce qui change l’ampleur du travail.

  • Le mât et la base de compteur: s’ils doivent suivre, le chantier monte jusqu’au toit au lieu de rester au sous-sol
  • Le type d’entrée: aérienne ou souterraine, le travail extérieur n’est pas le même
  • La mise à la terre et les liaisons sur la tuyauterie, souvent à reprendre sur une installation ancienne
  • Le nombre de circuits à transférer, puisque chacun se reprend un par un
  • Le déplacement du panneau, qui demande de rallonger ou de reprendre des câbles
  • Ce qu’on découvre en ouvrant: filerie d’aluminium, circuits doublés, disjoncteurs qui ne correspondent pas au calibre du fil
Mât d’entrée électrique et base de compteur sur le mur extérieur d’une maison
Le mât et la base de compteur décident jusqu’où monte le chantier.

Ce qu’il faut nous envoyer pour avoir une réponse

Deux choses suffisent pour dégrossir votre projet avant même de se déplacer.

  • Une photo du panneau, porte ouverte, avec la manette du principal et les étiquettes lisibles
  • La liste de ce que vous comptez ajouter: borne, spa, plancher chauffant, thermopompe, garage, agrandissement
Marc-André Vinet, maître électricien
Marc-André Vinet

Maître électricien, licence RBQ 5855-0849-01 et membre CMEQ 17468. Une dizaine d'années de métier sur le Sud-Ouest de Montréal et la Rive-Sud.

Qui fait les travaux

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Maître électricien qui explique des travaux à une cliente

Vos questions

Questions fréquentes sur ce sujet

Les questions qu'on nous pose le plus souvent sur ce sujet, répondues sans détour.

Le calibre est inscrit sur le disjoncteur principal, celui qui est seul en haut du panneau: vous y lirez 100, 125 ou 200. Si le panneau porte des fusibles plutôt que des disjoncteurs, c'est une installation d'une autre époque, prévue pour 60 ou 100 ampères: l'interrupteur principal ou la plaque du panneau le confirme. En cas de doute, prenez une photo du panneau ouvert et envoyez-la-nous.

Pas nécessairement. On rehausse quand il n'y a plus de place pour ajouter un circuit, quand l'entrée n'est plus assez forte pour ce que vous voulez installer, quand un plus gros équipement dépasse sa capacité, ou quand le panneau doit être déplacé. Beaucoup de maisons vivent très bien avec 100 ampères. C'est le calcul de charge qui tranche, pas l'âge du panneau.

Ni l'âge ni l'apparence ne décident. Un panneau de trente ans bien chargé et en bon état peut rester en service. Deux exceptions: un panneau à fusibles et un modèle dont les disjoncteurs ne se trouvent plus se remplacent, parce qu'on ne peut plus y ajouter quoi que ce soit en toute sécurité.

D'une demi-journée à une journée complète selon la complexité. Le courant est coupé pendant les travaux. Ce qui allonge le chantier, c'est ce qu'on trouve derrière: un mât à remplacer, une base de compteur, une mise à la terre à refaire ou une entrée souterraine.

Dans la plupart des arrondissements, un propriétaire n'a pas de permis municipal à demander pour des travaux d'électricité dans son propre bâtiment. Ce qui est exigé, c'est que l'entrepreneur détienne ses licences RBQ et CMEQ. La déclaration de travaux à la Régie du bâtiment est de notre ressort et elle est comprise dans le travail.

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